Un voyage dans le temps dès l’entrée
Il y a des endroits à Rio que l’on visite pour la vue. D’autres, pour la plage. Et il y a la Confeitaria Colombo, que l’on visite pour le silence qu’elle impose lorsque vous entrez et levez les yeux. Sérieusement, il est presque impossible de ne pas s’arrêter deux ou trois secondes sur le pas de la porte, bouche bée, avant de chercher une table.
Fondée en 1894 par deux immigrants portugais, Manuel Lebrão et Joaquim Borges de Meirelles, la Colombo est installée Rua Gonçalves Dias, dans le centre de Rio, depuis plus de 130 ans. Et ce n’est pas une exagération de dire qu’elle a résisté à pratiquement tout : les rénovations urbaines, les changements d’habitudes, le déclin du centre en tant que quartier résidentiel chic, deux guerres mondiales (bon, indirectement) et l’arrivée de milliers de cafés modernes qui sont venus et repartis. La Colombo est toujours là, avec ses mêmes miroirs.
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Photo de Daniel Nouri | Pexels
L’histoire derrière la plus belle salle du centre-ville
À la fin du XIXe siècle, le centre de Rio était le cœur de la vie sociale de la capitale de l’époque. C’est là que l’aristocratie, les politiciens et la haute bourgeoisie carioca circulaient, prenaient leur café, lisaient le journal et échangeaient des potins. La Colombo est née exactement pour ce public — une pâtisserie de style européen, avec des produits fins, un cadre raffiné et cet air de « chic mais accessible » qui a rapidement conquis la ville.
La période la plus glamour fut le tournant du XIXe au XXe siècle, pendant la fameuse Belle Époque carioca. La maison est devenue un point de rencontre pour les écrivains, les artistes et les politiciens — et elle conserve encore des photos et des références de cette époque sur ses murs. Machado de Assis, selon la tradition de la maison, était un client fréquent, tout comme d’autres noms de la littérature brésilienne qui circulaient dans le centre à cette période.
Avec le temps, le centre a perdu son rôle résidentiel au profit de la Zona Sul, mais la Colombo a su rester pertinente — elle fonctionne aujourd’hui à la fois comme un point d’intérêt touristique et comme un lieu pour ceux qui travaillent dans le centre et veulent échapper à la frénésie pendant une heure. Ceux qui souhaitent approfondir l’histoire de la maison peuvent consulter l’historique détaillé disponible sur Wikipédia.
L’Art nouveau dans chaque détail : pourquoi la décoration impressionne autant
C’est la raison numéro un pour laquelle il vaut la peine d’entrer, même si vous ne mangez rien. La décoration de la Colombo est un exemple presque intact du style Art nouveau, avec des éléments importés d’Europe à la fin du XIXe siècle — une chose rare à voir aujourd’hui n’importe où dans le monde, et encore plus rare de la voir fonctionner comme pâtisserie.
Les énormes miroirs qui couvrent une grande partie des murs viennent de Belgique. Les meubles et les comptoirs, en jacaranda massif, ont été sculptés par des ébénistes qui utilisaient une technique de marqueterie très détaillée — il vaut la peine de remarquer les motifs entrelacés, caractéristiques du style. Le plafond possède des puits de lumière qui laissent entrer la lumière naturelle, créant un effet d’éclairage doux qui change selon l’heure de la journée.
À l’étage supérieur se trouve le restaurant Cristóvão, dans une mezzanine qui donne sur la salle principale — un autre détail qui vaut le détour, surtout si vous voulez échapper un peu à l’agitation du rez-de-chaussée.
Un conseil de quelqu’un qui a déjà visité plusieurs fois : prenez quelques minutes pour regarder en l’air, dans les coins, les détails des comptoirs. Il est facile d’être tellement concentré sur la pâtisserie que l’on oublie de remarquer le reste — et le reste est, sincèrement, la raison principale d’être là.
Que commander : les classiques à ne pas manquer
La Colombo est célèbre pour sa pâtisserie portugaise et française, avec des touches devenues des classiques cariocas. Certains articles reviennent constamment dans les recommandations (et à juste titre) :
- Pastel de Santa Clara — une douceur portugaise à base de jaunes d’œufs et d’amandes, de celles qui semblent trop petites jusqu’à ce que vous preniez la première bouchée et réalisiez à quel point elles sont intenses.
- Bolo de noiva ou bolo Colombo — des recettes traditionnelles de gâteau fourré, généralement vendues aussi à la part, idéales pour ceux qui veulent goûter sans acheter le gâteau entier.
- Croissants et feuilletés — production maison, faite quotidiennement, avec cette croûte qui s’effrite à la première bouchée.
- Empadinhas et salés — une bonne option si vous avez plus faim que envie de sucré.
- Café expresso ou chocolat chaud — pour accompagner, surtout les jours plus frais (oui, Rio a aussi ces jours-là, rares, mais ils existent).
Ceux qui préfèrent quelque chose de plus élaboré peuvent commander le fameux thé de l’après-midi — l’un des programmes les plus traditionnels de la maison, et qui mérite un paragraphe à part entière.
Photo de Svitlana Shakalova | Pexels
Le thé de l’après-midi : le programme le plus demandé par les touristes
Le thé de l’après-midi de la Colombo est un peu comme cet événement qui semble exclusif, mais que n’importe qui peut réserver avec un peu d’avance. Servi généralement entre le début et le milieu de l’après-midi, il réunit une sélection de mini-sandwichs, de salés, de gâteaux, de tartes et de douceurs variés, servis en étages — un modèle très similaire au afternoon tea britannique, mais avec une identité propre, rempli de recettes portugaises et brésiliennes.
Le prix varie selon la période et le type de service (individuel ou à partager), il est donc idéal de confirmer directement avec la maison avant d’y aller, surtout si vous organisez un programme spécial — anniversaire, enterrement de vie de jeune fille, cette rencontre « faisons quelque chose de différent aujourd’hui ».
La réservation est recommandée, surtout le week-end et les jours fériés. La maison a tendance à être très pleine ces jours-là, et sans réservation, vous risquez d’attendre — ce qui nous amène à la section suivante.
Conseils pratiques pour ne pas perdre de temps dans la file
La Colombo est une étape obligatoire dans les circuits touristiques du centre-ville, ce qui signifie : aux heures de pointe, il y a de la file, oui. Quelques conseils qui aident beaucoup :
- Allez en semaine, le matin — juste après l’ouverture, l’affluence est bien plus calme. C’est le meilleur moment pour prendre des photos sans que les gens passent tout le temps devant.
- Évitez l’heure du déjeuner — entre 12h et 14h, le flux de ceux qui travaillent dans le centre se mélange à celui des touristes, et la salle est bondée.
- Le week-end, il y a généralement plus de files pour le thé de l’après-midi — si c’est votre plan, réservez à l’avance.
- Combinez avec d’autres points du centre — comme le circuit est concentré dans une petite zone, il vaut la peine de faire la Colombo au milieu d’une promenade vers d’autres sites historiques proches, afin de profiter du déplacement.
La maison est ouverte du lundi au samedi, avec des horaires réduits le dimanche (dans de nombreux cas fermée ou avec un fonctionnement partiel) — il vaut la peine de confirmer les horaires à jour sur le site officiel ou sur les réseaux sociaux de la maison avant d’y aller, car ils peuvent varier selon les jours fériés et les événements dans le centre.
Photo de Natalia Sevruk | Pexels
La succursale du Forte de Copacabana : la version « avec vue »
Si l’unité du centre est un pur charme historique, la succursale à l’intérieur du Forte de Copacabana est un pur décor. Installée dans la zone du fort, à Copacabana, cette unité offre pratiquement le même menu de douceurs et de salés que la maison mère, mais avec un énorme avantage : la vue sur la plage de Copacabana et la mer, encadrée par les constructions historiques du fort.
C’est une bonne option pour ceux qui sont dans la Zona Sul et veulent goûter à la Colombo sans se déplacer jusqu’au centre — ou pour terminer une visite du Forte de Copacabana avec un goûter un peu « cinématographique ». Il faut rappeler que l’accès au fort est payant (avec des exonérations pour certains groupes, comme c’est souvent le cas pour les équipements de l’Armée) — les détails de fonctionnement et les billets sont sur le site officiel du Forte de Copacabana.
Les deux unités ont des ambiances très différentes — l’une est axée sur l’architecture et l’histoire, l’autre sur le paysage. Si vous le pouvez, il vaut la peine de découvrir les deux à différents moments du voyage.
Photo de Sara Er | Pexels
Comment se rendre à l’unité du centre
La Confeitaria Colombo se trouve au 32, Rua Gonçalves Dias, dans le centre de Rio, dans une région bien desservie par les transports en commun :
- Métro : les stations Carioca et Uruguaiana se trouvent à quelques minutes à pied et constituent les options les plus pratiques pour ceux qui viennent d’autres quartiers de la ville.
- À pied, depuis la Cinelândia : si vous suivez l’itinéraire passant par le Theatro Municipal, la Bibliothèque nationale et le Musée national des Beaux-Arts, la Colombo se trouve à une courte marche — une belle façon de terminer (ou de commencer) la visite.
- Voiture/VTC : le centre-ville est très animé en semaine et se garer dans le coin est souvent compliqué. Si vous venez en voiture ou en VTC, envisagez de vous garer un peu plus loin et de marcher.
Comme il s’agit d’une zone commerciale, l’idéal est de visiter pendant les heures ouvrables — le soir et le week-end, le centre-ville est plus vide, ce qui vaut tant pour la sécurité que pour la disponibilité des autres établissements ouverts dans les environs.
Un peu de contexte : pourquoi il vaut la peine de comprendre le centre-ville avant de visiter
Pour ceux qui ne connaissent Rio que par ses plages, le centre-ville est souvent une surprise — c’est une partie de la ville avec des bâtiments du XIXe et du début du XXe siècle, des rues étroites et un rythme complètement différent de celui de la Zona Sul. La Colombo est, d’une certaine manière, une capsule temporelle de cette époque : elle représente la période où le centre-ville était l’endroit « où il fallait être vu », avec ses pâtisseries, ses théâtres et ses clubs.
Aujourd’hui, ce circuit historique a retrouvé une nouvelle vie grâce à des itinéraires qui relient la Colombo à d’autres points des environs — bibliothèques centenaires, musées et théâtres qui ont eux aussi survécu aux transformations de la ville. Si vous organisez un après-midi culturel dans le centre-ville, il vaut la peine d’inclure également le Real Gabinete de Leitura, une bibliothèque portugaise dont l’architecture est aussi impressionnante que celle de la Colombo — elle se trouve à courte distance et complète parfaitement l’itinéraire des « beaux endroits du centre-ville qui ressemblent à des décors de cinéma ». Pour découvrir d’autres attractions et événements du centre-ville au moment de votre voyage, il est également utile de consulter le portail officiel du tourisme Visit.Rio.
Meilleure période pour visiter
La Colombo est ouverte toute l’année, il n’y a donc pas vraiment de « meilleure période » au sens climatique. Mais certaines périodes méritent une attention particulière :
- Périodes de fêtes de fin d’année et de Carnaval : le centre-ville est plus déserté pendant le Carnaval (car l’attention de la ville se tourne vers la Zona Sul et le Sambodrome), ce qui peut être un avantage pour ceux qui veulent visiter la Colombo avec moins de monde.
- Jours de pluie : les activités en intérieur comme la Colombo prennent encore plus de sens les jours de pluie, quand la plage est hors de question.
- Événements culturels dans le centre-ville : de temps en temps, les environs accueillent des événements, des expositions ou des concerts gratuits qui peuvent être combinés avec la visite — il vaut la peine de consulter l’agenda culturel de la région avant d’y aller.
Questions fréquentes sur la Confeitaria Colombo
Faut-il réserver pour visiter la Confeitaria Colombo ?
Pour une simple visite, prendre un café ou acheter des douceurs, la réservation n’est pas nécessaire. En revanche, pour le thé de l’après-midi, surtout le week-end et les jours fériés, la réservation est recommandée pour éviter l’attente.
Combien coûte l’entrée à la Confeitaria Colombo ?
L’entrée de la salle est gratuite — vous ne payez que ce que vous consommez. Quant à l’accès à l’unité située dans le Forte de Copacabana, il peut inclure le prix d’entrée du fort lui-même, qui est une installation de l’Armée avec un droit d’entrée (avec des exonérations dans certains cas).
La Confeitaria Colombo est-elle chère ?
Les prix sont comparables à ceux d’une pâtisserie historique et touristique — plus élevés que ceux d’une boulangerie de quartier, mais dans la norme pour ce type d’expérience. Un café avec une pâtisserie est généralement une activité abordable ; en revanche, le thé de l’après-midi complet a un prix plus élevé, il vaut donc la peine de vérifier le tarif actualisé avant d’y aller.
Quels sont les horaires d’ouverture ?
La maison est ouverte du lundi au samedi, avec des horaires commerciaux prolongés, et des horaires réduits ou une fermeture certains dimanches. Comme les horaires peuvent varier les jours fériés, l’idéal est de vérifier sur le site officiel ou sur les réseaux sociaux de la Colombo avant de planifier votre visite.
Vaut-il la peine de visiter la Confeitaria Colombo juste pour voir, sans rien manger ?
Oui, absolument — beaucoup de gens entrent simplement pour admirer la décoration et prendre des photos. Mais avec un espace aussi beau et historique, préservé jusqu’à aujourd’hui, il est logique de soutenir l’établissement en consommant quelque chose, ne serait-ce qu’un petit café.
La visite en vaut-elle la peine ?
Si vous êtes en train de monter un itinéraire dans le centre de Rio, la Confeitaria Colombo est de ces endroits qui parviennent à réunir histoire, architecture et gastronomie en une seule halte — et qui plus est rapide, s’intégrant parfaitement entre les autres points du circuit historique. Pour ceux qui aiment voyager en remarquant les détails — les meubles, les miroirs, la lumière qui entre par les puits de lumière — la Colombo reste souvent gravée comme l’un des plus beaux moments du voyage, même si ce n’est « qu’une » halte pour un café.
La prochaine fois que vous serez près de la Cinelândia ou de la Rua Gonçalves Dias, il vaut la peine de réserver 40 minutes à une heure pour cette pause. Et si vous le pouvez, allez-y à une heure plus calme — le silence initial de celui qui entre et lève les yeux vers le plafond fait partie de l’expérience.
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Si vous allez dans le centre de Rio un samedi, profitez-en pour passer également par la Feira de Antiguidades da Praça XV — une véritable chasse aux trésors d’objets, vinyles, appareils photo et raretés qui a lieu chaque semaine à quelques minutes d’ici.



